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  le blog diacreauservicedelapaix

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Un diacre de l'Eglise catholique s'exprime sur la société, sur l'Eglise, sur la paix.


Que veux-tu que je fasse pour toi?

Publié par Max sur 24 Octobre 2021, 16:13pm

Catégories : #méditation

Que veux-tu que je fasse pour toi?

Homélie du 30ème dimanche ordinaire 24 octobre 2021

 

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? »

Etrange question que pose Jésus à un aveugle qui court vers lui. Surtout que cet aveugle a dû braver une foule nombreuse pour approcher Jésus. Il criait : « Fils de David, prends pitié de moi » mais la foule voulait le faire taire. Jésus, cependant, l'a entendu et l'appelle. On se dit qu'il doit bien se douter de pourquoi l'aveugle le supplie.

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? » est la première parole de Jésus.

Je voudrais m'attarder sur cette question et ce qu'elle signifie avant de poursuivre le récit.

Tout d'abord Jésus n'anticipe pas sur la demande de l'aveugle. Il lui demande d'exprimer ce qu'il veut en lui laissant la liberté.

C'est bien ici la liberté que nous laisse Dieu qui est manifestée. Jésus, vrai Dieu, Fils de Dieu ne nous impose rien mais répond à nos demandes.

C'est ce qu'il fait devant Bartimée alors qu'il aurait pû lui faire retrouver la vue directement sans lui demander ce qu'il veut. Mais Jésus respecte trop l'être humain pour agir sans permettre le dialogue, la rencontre.

Jésus aujourd'hui encore nous pose cette question : Que veux-tu que je fasse pour toi ? Nous sommes ainsi invités à nous tourner vers Dieu pour lui exprimer nos questions, nos doutes, nos faiblesses.

Dieu est à notre écoute. Il nous laisse la liberté de nous tourner vers lui et sa réponse dépend de notre demande.

Un petit détour rapide par le grec ( dans lequel le texte original de l'Evangile est écrit) : « que veux-tu que je fasse », le verbe faire ici est la traduction du verbe ποιέω , le même verbe que celui employé pour la Création dans sa traduction grecque, la septante. (Au commencement Dieu créa le ciel et la terre). Il s'agit ici d'une autre manifestation de la divinité de Jésus. Ce que Jésus fera pour nous est de l'ordre de la Création qui poursuit son œuvre.

Reprenons le texte après que l'aveugle ait exprimé sa demande.

La seconde parole de Jésus est : « Va, ta foi t'a sauvé. »

C'est la foi qui sauve et guérit l'aveugle tout comme notre foi est le moyen d'accéder à Dieu.

Jésus ne dit pas à l'aveugle retrouve la vue mais il insiste sur la foi de cet homme, il ouvre le chemin de la guérison.

L'important c'est la foi de Bartimée, cet aveugle qui implore Jésus avec confiance car il sait au fond de lui-même que rien n'est impossible à Dieu. Remarquez comment il appelle Jésus : Fils de david puis Rabbouni c'est à dire maître.

Bartimée connaît sans doute ce texte de Jérémie que nous avons entendu dans la première lecture : « criez tous : «  Seigneur sauve ton peuple ! » et le Seigneur rassemble l'aveugle et le boiteux et les conduis par un droit chemin »

L'aveugle Bartimée qui est tenu à l'écart (rappelez-vous : beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire). Il est assis au bord du chemin, dominé par la foule qui passe, il mendie. Mais la rencontre de Jésus va changer sa vie. Il va se relever, retrouver la vue et suivre Jésus, son sauveur.

Que veux-tu que je fasse pour toi ? c'est aussi la question qui nous est posée à l'occasion du synode sur la synodalité qui vient de s'ouvrir.

Nous sommes dans la tourmente devant l'ampleur des actes criminels qui ont été commis au sein de notre Eglise. Alors, nous ne devons pas seulement prier pour les victimes mais nous devons faire en sorte que plus jamais ne se reproduisent de tels crimes.

C'est pourquoi j'insiste sur l'importance du synode qui vient de s'ouvrir et de la parole qui est donnée à chacun et chacune d'entre nous.

Notre Eglise, c'est à dire nous, l'ensemble du peuple de Dieu, a été comme aveugle devant la situation. Elle doit maintenant se tourner avec confiance vers Dieu, vers Jésus qui nous dit : Que veux-tu que je fasse pour toi ?

Il nous faut parler, nous parler. Il nous faut regarder ce que nous vivons de beau, car il y a beaucoup de belles choses qui se vivent mais que nous ignorons souvent. Il nous faut nous relever comme l'aveugle assis au bord du chemin car Jésus nous dit : « Va ta foi t'a sauvé. »

D'ici au mois de février nous aurons l'occasion de faire remonter nos questions, nos doutes, mais aussi nos joies, nos propositions, nos engagements. Si nous sommes chrétiens, nous vivons de l'Evangile. Nous sommes l'Eglise, la communauté rassemblée, convoquée par Dieu et cette église est constitutivement synodale, c'est à dire que tout le peuple de Dieu participe à la mission.

Communion, participation, mission, tel est le sous titre du synode voulu par le pape François.

C'est notre curé, notre EAP qui nous donneront les directives pour la mise en œuvre de ce synode. Mais personnellement, je me dois de relayer ce message pour que nous nous sentions toutes et tous corresponsables de la mission.

Prendre la parole doit permettre que nous sortions de nos enfermements, que nous soyons libérés à l'image du peuple hébreu en exil et que nous reprenions ce chant du psaume.

« Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve !

Alors notre bouche était pleine de rires, Nous poussions des cris de joie »

« Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête ! »

Amen.

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