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  le blog diacreauservicedelapaix

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Un diacre de l'Eglise catholique s'exprime sur la société, sur l'Eglise, sur la paix.


Même le vent et la mer lui obéissent

Publié par Max sur 20 Juin 2021, 18:06pm

Catégories : #méditation

Même le vent et la mer lui obéissent

Homélie du 12ème dimanche ordinaire 20 juin 2021

 

« Qui est-il donc celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Il y a quelques dimanches, je commençai mon homélie en vous posant la question : « Qui donc est Jésus pour vous ? » Cette question nous la retrouvons aujourd'hui et elle est bien la question centrale de l'Evangile de Marc et d'ailleurs celle de l'Evangile en général. Cette question nous nous la poserons toute notre vie car on a jamais fini de découvrir Jésus.

Cette question nous nous la posons peut être aujourd'hui alors que nous venons de traverser une tempête. En effet cette pandémie qui a bouleversé nos vies, et qui entre parenthèse n'est pas terminée, est bien une tempête qui nous a fait nous comporter comme les disciples dans la barque. Nous avons eu peur, nous avons crié vers Dieu : Seigneur nous sommes perdus, nous nous sommes demandés ce que faisait Dieu. Est-ce qu'il dormait comme Jésus dans la barque ?

Nous sommes donc face au silence de Dieu quand, dans notre souffrance, nous crions vers Lui.

Je vais développer cette position en trois points : Pourquoi cherchons-nous Dieu au cœur de nos détresses ? Où donc est Dieu qui semble ne pas nous entendre ? Comment s'ajuster à Dieu ?

Pourquoi cherchons-nous Dieu quand ça va mal ? Ou encore pourquoi l'ignorons-nous quand tout va bien ?

Comme vous le savez peut être, je vais chaque semaine visiter des patients de l'hôpital psychiatrique. A l'aumônerie, beaucoup viennent parce qu'ils attendent un geste de Dieu. Ils viennent prier en espérant un miracle. On pourrait dire que certains viennent comme au super marché : Dieu je te donne ma prière donc tu me donnes la guérison en échange.

Ces patients que je rencontre sont souvent dans la détresse absolue, abandonnés par leur famille, n'ayant pour compagnie attentionnée que celle de nous autres visiteurs. Bien sûr ils ont des soignants qui veillent sur eux mais ceux-ci trop, peu nombreux, ne peuvent pas consacrer beaucoup de temps à chacun. Ainsi nos visites sont attendues et les moments que nous passons ensemble sont des moments riches avec parfois des amitiés qui se tissent. Mais au-delà de la rencontre avec nous qui sommes des autres, il y a l'attente de la rencontre de l'Autre. Ils crient vers Dieu, l'interrogent parce qu'ils sont dans la souffrance.

Nous-mêmes n'avons-nous pas tendance à appeler Dieu quand nous sommes dans une tempête qu'elle soit physique, spirituelle ou psychologique. Mais nous tournons-nous autant vers Dieu quand tout va bien ? Savons-nous le remercier lui rendre grâce pour les dons qu'il nous fait ? Sans doute un peu quand même puisque nous sommes là ce matin pour lui dire merci, c'est ce que signifie l'Eucharistie : rendre grâce.

Alors où donc est Dieu qui semble ne pas entendre ?

Cette question que se pose les patients de l'hôpital est celle que se sont posée les déportés de la shoah. Elle est celle que se pose tous ceux qui crient vers Dieu depuis toujours. C'est la question que nous nous sommes déjà posée ou que nous nous poserons un jour.

Elle est celle du Christ en croix : Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné ?

C'est une question purement humaine, quand notre relation à Dieu se distend, quand nous voudrions que Dieu nous réponde. C'est le cri des disciples dans la barque. La tempête nous submerge, nous allons périr et Jésus dort sans apparemment se préoccuper de nous. Le silence de Dieu nous interpelle. Nous aimerions tant avoir des réponses à nos interrogations. Nous aimerions tant comprendre pourquoi le mal existe. Dieu serait-il sourd à nos appels ?

Alors comment comprendre ce silence apparent ? Comment s'ajuster à Dieu en toutes circonstances et particulièrement dans celles où tout semble perdu ?

Ainsi Job dont nous avons entendu un passage lors de la première lecture va être frappé de tous les maux, ceux qui touchent son bien, puis sa famille, puis son propre corps. Lui qui fait tout bien, qui pratique la justice, est réduit à la misère extrême. Et pourtant il ne va jamais douter de Dieu. Il est fidèle jusqu'à l'extrême limite et sera sauvé parce qu'il a accepté ce qui lui arrivait sans accuser le silence de Dieu.

Cette pandémie, pour revenir à la situation actuelle, n'est pas une punition de Dieu. Elle est une résultante de nos comportements, de nos modes de vie. Nous avons crié vers Dieu mais il semblait silencieux.

Nous voudrions de Dieu une réponse humaine alors que la réponse de Dieu est une réponse divine. Nous voudrions comprendre et même enfermer Dieu dans notre volonté. Alors que le seul moyen d'entendre la réponse de Dieu c'est d'ouvrir notre cœur pour qu'il vienne y habiter.

Faisons confiance à Dieu. Il nous a envoyé son Fils pour notre salut. Paul nous dit : « Si donc quelqu'un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s'en est allé, un monde nouveau est déjà né. »

Frères et sœurs, nous sommes comme les disciples dans la barque, nous avons essuyé des tempêtes et il y en aura d'autres. Dieu semble silencieux car il n'agit pas à la manière dont nous voudrions qu'il agisse. Mais Dieu entend toutes nos demandes, il est avec nous, il nous faut apprendre à le voir avec les yeux du cœur, à le reconnaître dans le frère ou la sœur qui nous tend la main.

Amen.

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