Homélie du deuxième dimanche de Carême 2012
«Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le.»
Cette Théophanie, c'est à dire cette manifestation de Dieu, vous rappelle
certainement celle du baptême de Jésus. Avant de commencer son ministère, Jésus est allé se faire baptiser par Jean Baptiste. « A l'instant où il remontait de l'eau, il vit les cieux se
déchirer et l'Esprit comme une colombe, descendre sur lui. Et des cieux vint une voix : « Tu es mon Fils bien-aimé, il m'a plu de te choisir » Mc 1,10-11
Ici, nous sommes dans le temps de l'annonce de la Passion et de la
Résurrection. C'est la première des trois annonces de sa mort et de sa Résurrection faites par Jésus à ses disciples. Une nouvelle fois, Dieu se manifeste et Jésus est nommé comme étant le Fils,
le Fils unique. Celui qu'il faut écouter pour trouver le chemin qui mène au Père.
Au moment de sa mort sur la croix, c'est Jésus qui criera vers son Père :
« Eli, Eli, lama sabaqthani » Le rideau qui fermait le Saint des Saints dans le temple, lieu de la présence de Dieu où seul le grand prêtre pouvait se rendre une fois par an va alors
s'ouvrir « Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux du haut en bas » Mc 15,38 Désormais il n'y a plus de séparation entre Dieu et le hommes. Jésus en ressuscitant a vaincu la mort,
il a ouvert la porte qui conduit au Père et il nous a laissé une mission : « Allez par le monde entier, proclamez l'Evangile à toutes les créatures. » Mc 16,15
Ce bref survol de l'Evangile de Marc à la lumière de l'Evangile de ce jour
(Evangile de la Transfiguration) nous amène à plusieurs questions.
Pourquoi Dieu a-t-il sacrifié son Fils Unique?
Pourquoi faut-il passer par la mort pour entrer dans la vie?
Et fondamentalement aujourd'hui, dans nos vies : Qui est Jésus pour
nous?
Il serait prétentieux de vouloir ici donner une réponse et le temps nous
manquerait pour aller au fond des choses. Cependant nous pouvons ensemble ouvrir quelques pistes qui nous serviront de méditation au long de ce Carême.
La première lecture de jour au chapitre 22 du livre de la Genèse est
évidemment fondamentale dans la compréhension du sacrifice de Jésus. Dés les commencements, Abraham, lui qui n'avait pas eu de descendance avant l'arrivée d'Isaac dans sa vieillesse, se voit
éprouver par Dieu. Celui-ci lui demande de sacrifier, son fils unique. Ne restons pas à la première lecture qui nous ferait envisager un Dieu pervers qui donne et qui reprend. Dieu demande à
Abraham la confiance, celle d'un Père dont les voies sont parfois impénétrables, mais qui veut le bonheur de ses enfants, dussent-ils passer par des épreuves. « Je le jure par moi-même,
oracle du Seigneur. Parce que tu as fait cela et n'as pas épargné ton fils unique, je m'engage à te bénir, et à faire proliférer ta descendance autant que les étoiles du ciel et le sable au bord
de la mer. » Gn 22,16-17 La confiance en Dieu, la foi en Dieu, la fidélité à Dieu (confiance, foi, fidélité, les trois mots ont la même racine) c'est la nécessaire adhésion qui nous est
demandée pour découvrir le chemin qui mène vers Dieu.
Dans la brève deuxième lecture de ce jour, Paul dans sa lettre aux
romains, nous donne quelques pistes sous forme de questions. Dieu n'a pas refusé son propre Fils, comment pourrait-il ne pas nous donner tout? Puisque c'est Dieu qui justifie. Qui pourra
condamner? Et il conclut : Jésus Christ est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous.
Alors, on arrive à la question fondamentale que nous devons nous poser :
Qui est Jésus pour nous? Quelques versets avant l'Evangile qui a été proclamé aujourd'hui, Jésus allant avec ses disciples les interrogeait : « Qui suis-je au dire des hommes?...Et vous qui
dites-vous que je suis? » Mc 8,27 et Mc 8,29
Cette question résonne dans notre vie de baptisé à travers les rencontres
que nous faisons. Pour nous, Jésus est-il le Fils bien-aimé de Dieu? Celui qui a marché sur les chemins de la Judée, de la Samarie, de la Galilée avec Pierre et les autres? Est-il Celui qui en
ressuscitant nous a montré le chemin du Père, le chemin de la vie?
Lorsque je rencontre des fiancés au cours de la préparation au mariage, la
place accordée à Jésus par ceux-ci n'est pas souvent claire. Pour beaucoup, il y a un Dieu mystérieux, protecteur. Mais un Dieu qui s'est incarné en son Fils, un Fils qui a vécu parmi nous, qui a
connu la mort et qui est ressuscité nous libérant de la mort pour nous ouvrir à la vie éternelle cela est moins présent et moins bien compris.
C'est pourquoi, il me semble que la Bonne Nouvelle proclamée aujourd'hui
doit être méditée.
Dieu nous a envoyé son Fils, son Fils unique. Plusieurs fois et en
particulier dans l'Evangile de ce jour, il nous est rappelé que Celui-ci est le Fils bien-aimé du Père, mais aussi qu'il faut l'écouter et mettre en oeuvre sa parole.
En passant par la mort, Jésus a déchiré le voile qui nous séparait de
Dieu. Désormais, c'est lui l'Unique Médiateur. C'est par lui que nous pouvons connaître le Père. « Celui qui me connaît, connaît le Père. » nous dit Jean.
Nous aussi, nous devrons passer par la mort pour découvrir la vie en Dieu,
mais le Règne de Dieu est déjà présent parmi nous. Jésus nous a indiqué où se trouvait sa place : « Ce que vous avait fait au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous l'avez
fait. »
A nous tous, baptisés, une mission est confiée. Nous devons, par nos
paroles et par nos actes, être des témoins de Jésus. Nous devons rayonner de cette Bonne Nouvelle : Jésus Christ a vaincu la mort une fois pour toutes, il est ressuscité et nous sommes appelés à
sa suite à aller vers le Père.
«Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le.»
Amen.