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Lundi 23 novembre 2009

Homélie du dimanche 22 novembre : Le Christ Roi


 

Le Christ, Roi de l'univers, c'est ce que nous fêtons aujourd'hui. Mais un Christ roi, qu'est-ce que cela veut dire? Dans notre imaginaire, un roi est un personnage puissant, qui commande des armées, qui gouverne un pays. Du moins c'est-ce que l'histoire nous a montré car aujourd'hui les rois ou reines (voir la Belgique ou l'Angleterre) n'ont plus les mêmes pouvoirs que Louis XIV ou Elisabeth 1ère d'Angleterre.

Si nous nous replaçons à l'époque de Jésus, les juifs attendaient un messie (c'est la traduction du grec christos, christ), quelqu'un qui a reçu l'onction royale comme le roi David. Les juifs attendaient donc un messie royal, un roi terrestre qui les délivrerait de l'occupant romain, qui règnerait sur les royaumes de Juda et d'Israël, les royaumes du nord et du sud réunis.

Le décor est donc planté, c'est un seigneur puissant et dominateur qui est attendu. Les lectures de ce matin : le prophète Daniel, l'Apocalypse de St Jean ainsi que le psaume 92, nous le décrive ainsi. Daniel parle de « domination, gloire et royauté » ; un « Seigneur qui est roi... vêtu de magnificence », un « Seigneur (qui) a revêtu sa force » nous dit le psaume 92; un « souverain des rois de la terre » annoncé dans l'Apocalypse de St Jean. Or Jean nous parle aussi du « premier-né d'entre les morts », de « celui qui est, qui était et qui vient » dans l'apocalypse, (mais apocalypse si vous avez bien écouté l'homélie de la semaine dernière, vous savez que cela veut dire révélation), il y a donc ici un changement de perspective; et puis nous venons d'entendre dans l'Evangile un extrait de la Passion du Christ où Jésus devant Pilate s'exprime sur sa royauté avant de subir le sacrifice de la croix. Jésus ne répond d'ailleurs pas à la question de sa royauté sur les juifs. Lorsque Pilate lui demande : « Alors tu es roi? » Il répond : « C'est toi qui dit que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. »

 

Alors je repose la même question que tout à l'heure : Un Christ roi, qu'est-ce que cela veut dire? Et ce n'est pas par hasard que nous venons d'entendre cet extrait de la Passion alors que dimanche prochain, nous entrerons dans le temps de l'Avent qui va nous conduire à la naissance d'un messie pauvre dans une étable.

Oui, le Christ, le Messie n'est pas un roi comme l'attendait les juifs. Et nous mêmes, nous devons imaginer une royauté qui ne corresponde pas à nos critères de puissance ou de domination. Si puissance il y a, il s'agit d'une puissance d'amour : « Dieu tout puissant d'amour » nous dit Paul Varillon. Le Christ est bien roi. Il a reçu l'onction royale car il est envoyé par le Père, il est de même nature que le Père, proclamons-nous dans le credo. Mais à ce titre, c'est bien d'une autre royauté qu'il s'agit.

 

Pour éclairer ce propos, je vais vous raconter une anecdote : Lorsque je vais rencontrer les résidents à l'aumônerie de l'hôpital psychiatrique, un patient me demande souvent de prier pour lui, pour ses douleurs physiques. Nous nous mettons à l'écart et prions ensemble. Mais je dois lui rappeler à chaque fois que la prière n'est pas un coup de baguette magique qui va solutionner tous ses problèmes. La prière permet d'ouvrir son coeur et d'accueillir Dieu déjà présent qui accompagne chacun de nous, dans les joies comme dans les peines. Pour lui, Dieu devrait être un roi puissant qui supprime tous les maux quand on lui demande, qui commande à la nature et aux forces du mal. Seulement voilà, où serait notre liberté, si nous étions un jouet, une marionnette aux mains de Dieu? C'est bien pourquoi le Christ roi que nous fêtons est à distinguer de tous les rois que nous pouvons connaître ou dont nous avons appris l'histoire.

 

Le Christ Roi, ce n'est ni un magicien, ni un roi puissant, mais c'est un serviteur. J'étais vendredi aux 84 èmes semaines sociales dont le thème est cette année : nouvelles solidarités, nouvelle société. Parmi les diverses interventions, Etienne Grieu, jésuite et théologien nous interpellait sur le thème : « Qu'as-tu fait de ton frère? » En rappelant que le Christ est au milieu de nous, comme celui qui sert, il nous ramenait à l'essentiel qui est la présence du Christ, serviteur, proche de chacune et chacun d'entre nous. Il me semble que la royauté du Christ est bien de cet ordre là! Le Christ Roi c'est le Christ qui s'intéresse à toute femme et à tout homme, qui les aime d'un même amour. C'est Celui qui pardonne nos égarements quand nous retrouvons le chemin de la vraie vie, le chemin de la justice. C'est Jésus lui-même qui nous indique de quelle royauté il se revendique : « Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. »

Par Max - Publié dans : méditation
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Lundi 16 novembre 2009

Comme chaque année, le temps de l'Avent nous invite à revenir aux fondamentaux pour préparer la venue du Prince de la Paix. Cette base sur laquelle nous fondons notre vie, c'est la construction du Royaume de Dieu par l'amour du prochain et la paix entre les hommes. Pax Christi, mouvement catholique pour la paix nous propose un thème de réflexion et d'actions. Cette année, nous sommes invités à oser la paix dans un monde en crise. Autour de nous, des femmes et des hommes souffrent : chômage, stress ici; famine, guerre là-bas. Le découragement pourrait nous guetter. Il est tellement plus facile de se laisser aller à un pessimisme ambiant. Mais être chrétien c'est témoigner d'une Espérance. Et c'est aussi avoir de l'audace : osons, osons la paix.

Toute la démarche de l'Avent se construit sur un chemin qui mène vers la paix. A cet égard, les lectures que nous entendrons en ce temps de l'Avent sont éclairantes. Nous pourrions renoncer :  « Des hommes défailleront de frayeur dans l'attente de ce qui menace le monde habité » Lc 22,26. Mais nous devons retrousser nos manches :  « Préparez les chemins du Seigneur, rendez droits ses sentiers » Lc 3,1. Nous sommes invités à construire la paix par la justice :  « Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n'en a pas et que celui qui a de quoi manger fasse de même. » Lc 3,10.

Oui, nous devons oser la paix dans un monde en crise. Là où le monde souffre, le Christ est présent. Alors nous devons agir, être artisans de cette paix promise. Nous chrétiens devons annoncer à temps et à contre temps la bonne nouvelle du Royaume de Dieu promis à toutes et tous. Nous devons construire cette paix non pas comme un mur qui divise, mais comme un pont qui nous relie les uns aux autres.

Nous allons oser la paix avec force et conviction, car nous savons que « rien n'est impossible à Dieu ».
Edito Eglise d'Evreux 16/11/2009

Par Max - Publié dans : Eglise
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Lundi 9 novembre 2009


Il y a vingt ans un mur tombait!

Aujourd'hui tous les médias commentent l'événement. On se réjouit, on se rappelle... Il y a deux ans j'avais écrit un billet à ce propos et je ne vais pas reprendre ce que j'avais dit concernant cette page d'histoire. Mais au-delà de cette commémoration, il nous faut élargir notre regard.

De nombreux jeunes européens se sont rassemblés à Berlin il y a quelques jours pour l'opération "over the walls". En effet le mot s'impose au pluriel "walls". Car pour un mur qui tombe, d'autres se sont érigés... Et celui qui sépare juifs et palestiniens est bien lui aussi un mur de la honte!
Mais n'oublions pas tous les murs virtuels qui séparent les êtres humains : l'argent, le pouvoir, le racisme... Il n'est pas nécessaire d'utiliser du béton pour séparer les hommes. Bien d'autres murs sont à détruire, bien d'autres ponts sont à construire.

Par Max - Publié dans : société
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Dimanche 8 novembre 2009


La Bible n'est ni un livre d'histoire ni un reportage journalistique, c'est une catéchèse.
Cela paraît évident pour beaucoup de chrétiens. Cela ne l'est pas pour la majorité des hommes et des femmes.

Je suis cependant étonné (au premier sens, c'est à dire comme frappé par le tonnerre) de la lecture fondamentaliste qu'en font des êtres cultivés et pour certains engagés dans l'Eglise Catholique. Sans doute la fréquentation de la Bible n'est-elle que trop récente et trop partielle pour nombre de catholiques. Cependant, la question fondamentale est bien celle de la foi! Comme le disait un professeur de l'Institut Catholique de Paris (et je partage son propos) : "Je n'ai rien contre la foi du charbonnier". Mais lorsqu'on creuse la Bible pour faire grandir notre foi, il est temps de découvrir le message de Dieu autrement que par une approche rationnaliste.

Ces propos me viennent à la suite de nombreuses réflexions entendues ces derniers jours mais aussi depuis longtemps. Une foi qui ne tiendrait que sur une approche fondamentaliste de la Bible ne pourrait résister aux tempêtes. Dieu ne s'enferme pas dans une vision humaine et le Christ, Jésus que nous reconnaissons comme consubstantiel du Père est venu nous le rappeler.

Par Max - Publié dans : Eglise
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Lundi 19 octobre 2009

 

Lors de ma dernière permanence à l'aumônerie de l'hôpital psychiatrique, Jean a souhaité me parler en privé. Jean est en HP depuis plus de 10 ans. La mort par suicide de son père reste un traumatisme pour lui. Il n'a pas fait le deuil de son père, inconsciemment, il se croit responsable de sa mort.
Il connaît des hauts et des bas comme bien des patients, mais l'opportunité de vivre dans un appartement hors de l'hôpital lui est offerte. Seulement, ce qui pourrait être un début de réinsertion sociale est aussi une haute marche à franchir. Il a peur, comme il me le dit, de ne pas supporter la nuit tout seul. Sa fragilité se révèle à chaque obstacle nouveau à franchir. J'essaie de lui faire comprendre que ce passage est important pour lui. Il sait qu'il lui faudra trouver des occupations pour ne pas rester seul dans son appartement le jour. Cela il devrait pouvoir le réaliser, même si ce sera difficile car l'éventail des possibles est réduit. Le gros problème reste le fait de se retrouver seul la nuit. Depuis quelques semaines, il parle de cet appartement, mais l'échéance qui se rapproche l'angoisse de plus en plus.

C'est par lui-même qu'il pourra réussir ou non ce passage. Je ne peux que l'écouter, l'assurer de mon amitié, lui faire comprendre que cette peur est normale mais qu'il a le droit de vivre normalement, d'avoir une part de bonheur.

Je voudrais tant qu'il franchisse cette étape avec succès. Tant de patients se détruisent à petit feu et non aucun avenir. Je le confie à la miséricorde du Seigneur et j'espère que la présence de tous les membres de l'équipe de l'aumônerie sera la petite lumière qui le conduira vers la sortie de ce long tunnel dans lequel il peine depuis si longtemps.

Par Max - Publié dans : textes libres
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